Les faux bonheur – 2

Dans l’article n° 1, nous avons évoqué comment l’homo-consommatus se laisse prendre par la pub pour acheter du faux bonheur. Le bonheur n’est pas dans « l’avoir », mais il n’est pas non plus dans « l’ailleurs »

N° 2 : La promesse d’un bonheur pour plus tard

Il est intéressant de lire le livre de Rémi Pawin sur l‘histoire du bonheur en France, ou encore les articles de Gérard Pommier, qui retracent le poids de la religion parmi les freins au bonheur. Pourtant, les gens croient ne plus être influencés par un « bonheur au paradis ». Cependant, si toute une génération de l’après-guerre a été encouragée par la notion de bonheur différé, notre société en est encore marquée : travaille dur à l’école pour avoir de bonne note et pour avoir un bon travail, ou travaille dur au travail pour gagner un bon salaire pour te payer de bonnes vacances et pour avoir une bonne retraite…

Deux conséquences désastreuses de ce piège, de ce faux bonheur :

a) Croire qu’il faut souffrir ici et maintenant, puisque le bonheur est après (sous entendu conscient ou inconscient, au paradis), ce qui a ouvert- la porte désastreuse du mal-être ou du malheur au travail, c’est-à-dire le travail tel que beaucoup de gens le connaissent (injonction sous-jacente : « on n’est pas là pour rigoler », donc c’est normal de travailler dur, d’avoir mal, de souffrir, d’être maltraité au travail….)

b) : Croire que l’argent fait notre bonheur et qu’il faut passer sa vie à courir après, au prix de tous les sacrifices. L’absence d’argent ne fait pas le bonheur, car il faut un minimum pour vivre (pour couvrir nos besoins physiologiques fondamentaux : manger, boire, dormir), puis sécuritaire. L’ascension d’un homo-economicus heureux est une illusion qui nous a amené au mal-être sociétal actuel.