Le bonheur est-il dans l’instant présent ?

Quel rapport entretenez-vous avec le temps ? Il est évident que si vous vivez dans le regret du passé, ou la peur du futur, vous ne pouvez pas être heureux, par définition. La bonheur est beaucoup de choses, et entre autre un état de la conscience pleinement satisfaite. Regretter le passé ou avoir peur du futur est donc l’inverse de cet état. Le bonheur est au contraire liée aux émotions positives ressenties, elles peuvent l’être sur l’instant (paix, calme, joie etc.), sur le passé (pardon, sérénité etc.) ou sur le futur (motivation, enthousiasme par exemple).

Le problème est que notre société, dont l’école et la religion, main dans la main, nous ont conditionné à un bonheur qui n’est pas dans l’instant présent. L’école : travaille bien pour avoir de bonnes notes, pour réussir (plus tard) ton diplôme, pour avoir (plus tard) un bon métier, une bonne situation et de l’argent, pour avoir (plus tard) une bonne retraite, pour avoir (plus tard, là on ne sait plus tout s’arrête …). Pour la religion, c’est comporte-toi bien, et même souffre maintenant, pour avoir (plus tard) ta place au paradis.

Alors quand je vois des articles comme celui-ci, qui remettent en cause la pleine conscience, pratique démontrée efficace scientifiquement, qui n’a d’autre fin que de permettre au pratiquant d’avoir conscience de son souffle, lien le plus simple avec l’instant présent, dénué des émotions des pensées et du futur, et d’en faire, au nom de la laïcité, un suppôt de Satan, j’ai envie d’en pleurer ou d’en rire … et d’écouter Thiéfaine (Soleil cherche Futur, « n’est-ce pas merveilleux de se sentir piégé ? »)

Article plus complet sur l’instant présent dans mon ancien webzine ici, happyologie n°6

Christian Bobin, poète, illustre la nature de la méditation : « Pour l’instant, je me contente d’écouter le bruit que fait le monde lorsque je n’y suis pas. ». Qu’on m’explique en quoi cela est plus dangereux que les intolérances, les violences physiques et verbales actuelles…